Nous traversons la violence du monde
Un sentiment de liberté nous traverse
PHOTOGRAPHIES TENDANCE FLOUE
«L’art nous émeut avec le plus de force quand il s’exprime de façon imparfaite, fortuite et fragmentaire, quand il se borne à signaler sa présence, en permettant de la pressentir.
La misère et la violence du monde nous touchent d’autant moins qu’elles nous sont signifiées par l’image. Il faut que l’image nous touche par elle-même, qu’elle nous impose son illusion spécifique, sa langue originale, qui n’est jamais la langue de bois de la réalité, pour que quelque contenu nous affecte. Pour qu’il y ait transfert affectif sur le réel, il faut le contre-transfert de l’image, et qu’il y soit résolu. C’est-à-dire qu’après le laps de temps que dure le regard, et où le monde est littéralement vrai, l’image s’efface elle aussi.
L’enjeu essentiel de l’image est de délivrer le réel de son principe de réalité (perdu), et de dégager une dimension ironique, fatale, spirituelle, cynique – n’importe quoi qui l’arrache à son déchiffrement réaliste… suite
Jean Baudrillard |