DENIS BOURGES
dbourges@tendancefloue.net
C’est dans les huis clos que Denis Bourges traque les travers des sociétés. «Un monde, l’autre», travail commencé il y a quatre ans, s’attache à faire apparaître des univers qui cohabitent sans se voir. Moines et touristes au Mont-Saint-Michel, laïcs et orthodoxes juifs à Jérusalem, délaissés et classes montantes à la gare Victoria de Bombay : entre les murs de pierre, s’élèvent d’autres murs, invisibles, qui cloisonnent les peuples. Paraboles d’un monde qui côtoie et ignore ce qui ne lui ressemble pas.
Dans l’espace circonscrit d’une cale de bateau breton, d’un bidonville indien, d’un temple thaïlandais, d’une salle de boxe ou d’un commissariat parisien, Denis cherche ce qu’une société dit d’elle-même, de ses maux et de ses aspirations. Pour réaliser, «Ring Daumesnil», travail sur une salle de boxe à Bastille, «Le Cayenne», campagne de pêche d’un chalutier, «Murs de flics», indiscrétion dans les bureaux de la police judiciaire, il s’immerge dans l’intimité de microcosmes. En Inde, son terrain d’exploration depuis dix ans, plusieurs reportages se penchent sur la détresse et les résistances de ceux qui n’ont pas voix au chapitre global. «Shadipur», la vie d’un bidonville d’artistes de rue, «Narmada», l’histoire d’un village d’expulsés des grands barrages, et, en Thaïlande, «This is the end», le quotidien d’un temple bouddhiste, dernier lieu d’accueil de malades du sida, sont issus de ces rencontres.
Bouffées d’oxygène entre deux plongées, Denis suit la vie d’une communauté de pêcheurs de requins mauritaniens, de son père, médecin de campagne en Bretagne, et de sportifs handicapés. |
|

Entres deux mondes / Victoria station
|

Hijras |
|